Eagle Hunters of Western Mongolia

Day 53 – Dans le train en direction de Beijing

Nous revoilà dans le train où les paysages de la Mongolie se feront bientôt remplacer par ceux de la Chine. Beijing est la ligne d’arrivée de la course du Trans-Mongolien. L’aventure ne se termine pas là, mais une belle page de notre périple sera tournée. Voici le dernier chapitre de la Mongolie.

Sur la crête des montagnes, on aperçoit la silouhette d’un homme sur son cheval avec un aigle sur son bras. Il scrute l’horizon pour une proie potentielle. Lorsqu’il en voit une, il enlève le petit capuchon de cuir sur la tête de l’aigle, lui permettant ainsi de voir, et l’aigle s’envole à la poursuite de son gibier. Étonnamment, son gibier ne consiste pas seulement de lapins et de marmottes, mais également de renards et même de loups. Malheureusement, les journées de chasses n’ont pas été fructueuses.

Les techniques des eagles hunter sont transmises de génération en génération, souvent de père en fils. Il y a plusieurs façon de capturer un aigle. Les eagle hunters peuvent soit prendre les oeufs directement d’un nid, soit capturer un aigle en installant un piège, ou, lorsqu’ils sont vraiment chanceux, en capturer un une fois qu’il a mangé, car il ne peut s’envoler le ventre plein. Une fois capturé, l’aigle doit être entraîné à chasser et à répondre à son nouveau maître. Les meilleurs aigles sont les jeunes qui ont déjà appris à chasser par leur mère dans la nature. Évidemment les aigles femelles sont les meilleures chasseuses, car les mâles sont trop paresseux (ain’t that right boys!).

Pour les séances de chasse, on suivait le eagle hunter à cheval parmi les montagnes, les vallées et les rivières. Aucun chemin battu, toutes les directions sont bonnes. Emilie montait un grand cheval brun avec le goût de la vitesse. Elle était souvent à l’avant au côté du eagle hunter. Tout à l’arrière du troupeau, on retrouvait le slow and steady “Midget”, le plus petit des chevaux avec moi sur le dessus. À coup de talon, de petits mouvements de bassins et de cris mongoliens (Choo! Choo!), je le faisait avancer juste assez vite pour ne pas perdre de vue mes amis à l’horizon. Pour nos amis Belges, ce fut la même histoire: le plus petit des chevaux donné au plus grand d’entre eux, soit Roeland, et évidemment, il m’accompagnait en arrière avec les mêmes gestuelles à essayer de faire avancer nos chevaux d’apparence brisée. En plus d’être petit, mon cheval était la première trompette de l’orchestre avec ses flatulences en si-bémol.

Malgré tout, Midget (#almostdead) m’a rendu à destination à la fin de la journée, et je m’étais attaché à cette locomotive au gaz naturel. À notre retour à la maison, située dans une vallée entourée de montagnes, le soleil qui colorait l’horizon nous faisait quasiment oublié la douleur dans nos fesses et nos jambes, à tous jamais figées en arche. Notre famille nous trouvait bien drôle au moment de descendre de notre cheval et de nous voir marcher. De toutes mes expériences à cheval (2e fois de ma vie), ce fut la plus belle et définitivement la plus mémorable.

L’accueil dans la famille du eagle hunter a été un moment inoubliable. Manaa, ou mieux connu sous le nom de Vodka Manaa, est un ancien eagle hunter d’environ 75 ans. Son fils est maintenant le eagle hunter et lui, il est plutôt le consultant avec ses nombreuses années d’expériences. Le première nuit dans sa maison, nous étions assis alentour de la petite table lorsque Manaa arriva avec sa bouteille de vodka et sa dombra (instrument à cordes). Il nous a fait vibrer sa jeunesse au travers de ses cordes en nous chantant ses histoires d’amour passées et présentes avec des interludes de vodka et de sourires. Nos paroles et les siennes se faisaient traduire par notre guide, changeant le rythme espace-temps dans lequel notre routine nous a habituée, nous rappelant ainsi que nous sommes effectivement ailleurs. Mais comme dans un bon film avec des sous-titres, à la fin j’avais l’impression de parler et de comprendre le kazak… il faut dire que la vodka a peut-être aidé un brin.

Sur le chemin du retour, nous sommes arrêté voir un “throat singer”. Ce chanteur habite dans un ger à la base d’une montagne surplombant une vallée. Après un peu de milk tea et de fromage de yak, le chanteur a fait sa prestation à l’extérieur parmi les montagnes. Il nous expliquait que certaines chansons peuvent prendre jusqu’à 8 heures à chanter. Heureusement, il a choisit une chanson un peu plus courte pour sa démonstration.

Après des heures à dos de cheval et de chameau, à marcher parmi les montagnes et les vallées, à couper au travers des troupeaux de vaches et de moutons avec des bergers à cheval, à jouer aux cartes et à échanger des tours de magie avec les familles, la Mongolie est venu poser sa signature dans nos souvenirs. Merci Mongolie pour l’accueil et l’aventure!

Salaam

Jason

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3 thoughts on “Eagle Hunters of Western Mongolia

  1. Lise Provencher says:

    Merci pour ce beau récit. Bien écrit – je prends beaucoup de plaisir à vous lire. Un coup de coeur que cette aventure dans le Far Far West.

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  2. gennygag says:

    Je viens de lire attentivement pendant mon heure de lunch, et j’ai poussé quelques rires à voix haute de mon cubicule!! C’est vraiment magique votre aventure. Continuez de nous faire rêver 🙂
    et vive les pets de chevaux 🙂

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