Puchan l’éléphant

Day 129 – Chiang Mai

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Puchan

Il s’appelle Puchan, il est grand, il est gris et il est un éléphant. Il y a quelques jours déjà, nous avons eu la chance de passer une journée complète avec se mammifère géant dans un camp d’éléphant situé dans la jungle à 2 heures d’auto de Chiang Mai. Des camps d’éléphants à Chiang Mai, il y en a facilement une cinquantaine, mais notre choix s’est arrêté sur le camp ‘Karen Tribe’. C’est le seul camp qui est opéré par une tribu locale, comparativement aux autres qui sont opérés par des gens de Bangkok ou bien des expatriés. Les Karen sont une des tribus les plus grande de la Thailande et ils s’occupent des éléphants depuis plusieurs génération. Les éléphants font partis intégrante de la communauté et ils sont vus comme des frères et soeurs du village. Il n’y a pas si longtemps, le village utilisait encore l’éléphant pour les aider à construire des maisons, à labourer les champs et comme moyen de transport.

Toutefois, les éléphants n’ont pas toujours fait partie de la communauté. Dans un temps où l’économie du village n’allait pas très bien, un contrat a été signé par le chef du village afin de prêter les éléphants pour qu’ils puissent être utilisés à des fins touristiques et rapporter de l’argent. Ainsi, les éléphants ont été envoyés vers Chiang Mai en compagnie de guides Karen (1 par éléphant), dont notre guide Sun. Durant toute la durée du contrat, soit 5 ans, les éléphants ont été utilisés pour effectuer des tours aux touristes 7 jours sur 7, et ce, plusieurs fois par jour. Sun a constaté que sa relation avec l’éléphant avait changée, elle n’était plus celle d’un membre de la famille mais plutôt celle d’un esclave et son maître. Ainsi, avant le renouvellement du contrat, Sun a convaincu le chef du village de ramener les éléphants au bercail. La seule condition était de trouver le moyen de s’en occuper lui-même; le défi le plus imposant consistant à nourrir ces bêtes qui mangent sans arrêt. Une réunion du village a été appelée à l’église. Les villageois, d’accord que les éléphants devraient revenir au village, ont décidés de tous contribuer une partie de leur récolte personelle afin de combler l’énorme diète des elephants, et faire en sorte qui’ils puissent finalement revenir à la maison. Et de là est né le Camp d’éléphant Karen Tribe.

À ce camp, l’emphase est mis sur le rapprochement avec l’éléphant et non seulement le divertissement de le monter et d’y faire des tours. On est jumelé à un éléphant pendant toute la journée et on en prends soins en le nourrissant, le nettoyant, le marchant et lui préparant des médicaments à base d’épices et de plantes poussant dans la jungle.

Dès notre arrivée dans le camps, on sentait que la journée allait être spéciale. On s’est présentés un à un à tous les éléphants, soit 3 femelles et 1 mâle. En s’approchant d’eux, ils nous tendaient leurs trompes délicatement afin de nous sentir. Il y avait une certaine timidité qui était presque humaine lors de ces échanges. On a été jumelé à Puchan, l’éléphant mâle du camp, qui a la même âge que nous. Malgré nos âges identiques, il semble avoir grandi beaucoup plus rapidement que nous. Puchan est également connu sous le nom de Big Daddy. J’ai compris l’origine de son surnom lorsque j’ai vu sa cinquième jambe apparaître. Il tient également son surnom du fait qu’il est le père d’une vingtaine d’éléphanteaux dans la région. Beaucoup de progéniture, mais aucune responsabilité parentale.

Puchan a certaines particularités: il est dénudé de défences et il est aveugle du côté droit, mais ça n’a pas toujours été ainsi. Jadis, il avait de belles grandes défences, mais des braconniers les lui ont prises en pleine nuit lorsqu’il était situé dans le camp au centre-ville de Chiang Mai. La particularité des défences d’un éléphant est qu’elles sont rattachées au crâne tout près de l’oeil. Les braconniers ont coupé ses défences si proches de la peau, qu’une d’entre elles est complètement tombée, entraînant avec elle la vision de l’oeuil droit à Puchan. Malgré ces événements, Puchan est un gros nounours qui aime se coller. Heureusement, ces jours malheureux sont derrières lui. Maintenant il se la coule douce à s’occuper de 3 femelles au milieu de la jungle.

Afin de se rapprocher de notre éléphant, on commence avec 2 gros paniers remplis bananes et de cannes à sucres. Une fois les paniers vides, un beau petit tas de verdure. Il y a 2 façons de nourrir l’éléphant: la première étant de lui donner la nourriture dans la trompe qu’il introduit dans sa bouche et la deuxième est de lui commander d’ouvrir la bouche en lui disant ‘Bonn’ et d’y déposer la nourriture sur la plus grande langue que j’ai jamais touché de ma vie. Il n’y a aucun risque de se faire mordre car les dents sont loins derrières. Il n’y a qu’une vieille paire de lèvre molle avec une grande langue mouillée.

On a appris un tas de choses sur la santé d’un éléphant, par exemple; que la période de grossesse varie entre 18 et 24 mois, que le seul endroit où l’animal sue est alentour des ongles d’orteils et que la meilleure façon d’évaluer sa santé est en regardant son caca… de très près. En fait, la plus jeune de notre groupe a été choisie afin de démontrer comment lire dans cette boule de digestion. Jamais été aussi content de mes 32 ans. Entre autre, pour savoir si l’éléphant est bien hydraté, on doit presser entre ses doigts la dite boulette afin d’y voir surgir du liquide. S’il y en a, cela veut dire que l’éléphant est bien hydraté et que vos doigts doivent être lavés. Toutefois, c’est moins répugnant que s’en a l’air, car le système digestif d’un éléphant est très rapide. Soit un trajet de 2 heures entre la bouche et l’anus pour digérer et compresser 1 tonne de nourriture  en de belles boulettes de taboulé de l’autre côté.

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Émilie ramassant les boulettes de taboulé secs

À la fin de la journée, il était temps de dire au revoir à notre nouvel ami ainsi que les guides qui nous ont accompagné tout au long de la journée. Même si ce fût seulement une journée, il est étonnant comment on peut s’attacher rapidement. Lors de nos adieux, Puchan n’arrêtait pas de se coller et de nous pousser avec sa trompe, indiquant qu’il voulait notre attention.

Personnellement, ce fût un de mes highlights du voyage. Merci Karen Tribe et merci Puchan!!

 

Jason

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6 thoughts on “Puchan l’éléphant

  1. Pascale Sincennes says:

    Awwww!!! Ramenez-le!!! Je suis à des milliers de kilomètres et je m’y suis déjà attachée on dirait! ahahah! Pauvre petit (gros) de s’être fait attaqué comme ça en pleine nuit… tsss!!
    Vous avez l’air vraiment bien!! Je vous envie!! 😉

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  2. Sarah says:

    Really beautiful guys! I love that you chose an elephant friendly camp and spent the whole day with the big guy!! Looks like you were having an amazing time!

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